Discours d’Otmar SEUL à l’occasion de l’ouverture de la 10ème université d’été franco-allemande et européenne de Vilnius, juin 2013

Version allemande ci-dessous

 Vilnius, le 25 juin 2013

OPENING SPEECH

Pr Otmar Seul, co-directeur de la 10ème université d’été franco-germano-lituanienne et européenne de Vilnius

Monsieur le Recteur, 

Monsieur le Ministre

(I)

Comment ne pas éprouver une grande fierté aujourd’hui, en constatant que notre Université d’été franco-germano-lituanienne et européenne conçue et organisée en commun par l’Université Paris Ouest-Nanterre-La Défense, l’Université Johann  Wolfgang Goethe de Francfort-sur-le Main et l’Université de Vilnius, fête son 10ème anniversaire dans d’excellentes conditions, comme le prouve l’affluence à cette Cérémonie d’ouverture et le nombre d’inscrits aux conférences et ateliers.

Cette Université d’été, l’une des premières en Europe dans les sciences juridiques et certainement la première dans les pays d’Europe centrale et orientale, s’inscrit dans les projets d’internationalisation de la recherche et des études développés dès les années 1990 par les formations franco-allemandes de Paris Ouest-Nanterre-La Défense dans le cadre de leur réseau européen de coopération universitaire (Nanterre network).

La coopération entre la France et l’Allemagne s’est avérée être un formidable vecteur d’échanges universitaires en Europe, et implique désormais aussi des pays tiers. C’est dans la capitale lituanienne que nos formations franco-allemandes ont pu s’épanouir, avec la poursuite d’un rêve : la création d’une Université d’été en partenariat avec un pays tiers.

Notre choix s’est porté sur la Lituanie pour des raisons bien connues.  Nous avions déjà signé en 2002 un a         ccord Erasmus-Socrates avec l’Université de Vilnius suite à un contact établi lors des Rencontres annuelles des responsables de notre réseau européen de coopération universitaire à Prague en mai 2001. Des contacts historiques pour nous, dans la mesure où il s’agissait de la mise en œuvre  des premiers échanges avec l’un des pays d‘Europe centrale et orientale, qui en 2004 allait adhérer à l’Union européenne, et en plus avec une des plus anciennes universités de l’Europe qui, justement, allait fêter cette année-là le 425ème anniversaire de sa création. Ces échanges devaient rapidement s’intensifier : fin 2002, nous convenions de la création à la rentrée 2003 d’une Ecole de droit français à Vilnius. Fonctionnant parallèlement à l’Ecole de droit allemand, dont les cours sont assurés par des enseignants de l’Université de Francfort sur le Main, cette Ecole propose une initiation aux principales disciplines juridiques françaises. Le programme est dispensé par des enseignants de Paris Ouest-Nanterre-La Défense. Il s’étend sur 4 semestres et se concrétise par un diplôme d’études qui donne la possibilité aux diplômés de poursuivre leurs formations à Paris Ouest-Nanterre-La Défense en Licence en droit.

L’idée la plus novatrice fut assurément la création de l’Université d’été de Vilnius. Un projet soutenu d’entrée par l’Université franco-allemande (UFA). Fondée en 2000, celle-ci n’allait pas tarder sous la présidence de Helene Harth, à se prononcer en faveur de l’ouverture de ses programmes à des pays tiers. Le 7 juillet 2003, lors d’un atelier à Slubice en Pologne – pays particulièrement visé, pour renforcer la coopération trilatérale entre la France, l’Allemagne et la Pologne (Triangle de Weimar) -, l’occasion me fut donnée d’esquisser, en présence de Gesine Schwan, Présidente de l’Université Viadrina de Francfort-sur-Oder, et „fer de lance“  de la coopération universitaire avec la Pologne, les grandes lignes d’un cursus intégré trinational avec l’Université de Vilnius, clôturé chaque année universitaire par une Université d’été trinationale. Vous connaissez la suite: l’UFA n’a pas soutenu le projet dans son ensemble, mais son élément le plus novateur : la création d’une Université d’été ! Sa direction fut confiée aux trois interlocuteurs chargés de la définition du programme et des modalités de son fonctionnement :

-le Professeur Helmut Kohl de l’Université Johann Wolfgang Goethe de Francfort-sur-le Main, coordonnateur des échanges de la Faculté de droit avec l’Université de Vilnius,

-le Vice-doyen de la Faculté de droit de Vilnius délégué à la recherche, Tomas Davulis,

et

-moi-même, comme co-directeur du cursus intégré franco-allemand en sciences juridiques à l’Université de Paris Ouest-Nanterre-La Défense (Paris X-Nanterre).

Un triumvirat qui a dirigé collégialement cette Université d’été dès ses débuts jusqu’à ce jour – avec tout de même la particularité d’inviter au cours de ces 10 ans d’autres collègues de Paris Ouest codiriger cette université avec moi.

 

II.

C’est donc, aujourd’hui, le moment propice  pour exprimer mes chaleureux remerciements aux collègues Helmut Kohl et Tomas Davulis – ce dernier étant depuis la dernière rentrée, promu Doyen de la Faculté de Droit – pour cette coopération durable et riche, puisque le succès de cette Université d’été ne se dément pas. Elle présente, aussi bien quant à ses objectifs et son programme que quant à son fonctionnement, un certain nombre d’atouts qui la rendent attrayante par rapport à l’offre académique classique.

Relevons-en notamment cinq :

1° L’Université d’été offre des perspectives particulièrement intéressantes en se focalisant sur les enjeux juridiques de l’intégration européenne, donc des questions sociétales vitales, comme le souligne à juste titre Bernard Cazeneuve, l’ancien Ministre français des affaires européennes : « Le droit accompagne, guide et encadre l’évolution de nos sociétés. Il contribue donc à leur convergence, qui est un des objectifs politiques de la relation franco-allemande depuis 1963. » Organisées depuis 2004 – année de l’élargissement de l’Union européenne vers les pays d’Europe centrale et orientale –, notre Université d’été se propose de suivre l’évolution du droit dans le cadre de l’Union européenne en analysant les grandes lignes du processus d’harmonisation des législations et pratiques en cours.  Rappelons ses thèmes généraux majeurs : « Espace juridique européen », « L’Europe, une communauté de valeurs », « La solidarité en Europe », «Protection de la vie privée et des données personnelles », « la Participation » ou encore, cette année, « Harmonisation européenne et identité nationale».

 2° Ancrée essentiellement dans le domaine du droit européen comparé, l’Université d’été contribue  non seulement à la compréhension juridique, mais aussi à la découverte des dimensions sociétales des pays.  Insistant – après le refus, par référendum, du traité établissant une Constitution pour l’Europe par les Pays-Bas et la France en 2005 – sur les contraintes et les obstacles qui freinent le processus d’intégration européenne, ses organisateurs estiment qu’une réflexion s’impose pour cerner la question de l’identité européenne et pour mieux expliquer le projet européen, ses présupposés et ses politiques dans le contexte de la mondialisation. Autrement dit, la diversité des intervenants – une large place est faite aux historiens, politistes, économistes et sociologues – permet une approche pluridisciplinaire dans le traitement de questions juridiques et révèle des problématiques parfois insoupçonnées. Ce traitement transversal apporte un intérêt supplémentaire à des sujets connus sous le seul angle juridique.

3° Réunissant enseignants-chercheurs, doctorants et étudiants (en général de niveau Master) dans une ambiance conviviale et moins formelle que celle habituellement rencontrée sur les bancs de l’université, l’Université d’été se prête à des démarches pédagogiques novatrices. Conçue comme un forum ouvert au dialogue, elle est  susceptible de contribuer à une meilleure perception du droit et à l’enrichissement intellectuel des étudiants et des doctorants, voire de valoriser ceux-ci comme interlocuteurs des enseignants-chercheurs et des professionnels. Un rapport quasi-paritaire entre enseignants-chercheurs et professionnels d’une part, doctorants et étudiants d’autre part, permet un échange intense d’idées, laissant, après les conférences-débats, une grande place aux questions des participants. Le programme offre aux étudiants une formidable occasion de présenter les premiers résultats de leurs travaux de recherche. Enfin, les ateliers (workshops) permettent une implication intensive des étudiants dans une démarche interactive : encadrés par des enseignants-chercheurs, ils participent à un « travail de groupe  » initié en amont de l’université d’été et présentent les résultats de leurs travaux dans le cadre d’un atelier.

4° Organisée dans un pays tiers,  l’Université d’été a vocation à éveiller l’intérêt pour les langues et cultures juridiques françaises et allemandes. Son effet collatéral peut-être le plus frappant réside dans le fait qu’elle fait découvrir aux étudiants le métier d’interprète et de traducteur : le français et l’allemand étant les langues de travail, ceux-ci sont amenés à s’exercer à l’interprétation consécutive des conférences ! L’Université d’été offre, bien entendu, également la possibilité d’une immersion des étudiants et enseignants allemands et français dans la langue et la culture du pays tiers, la Lituanie. Le recours à la langue anglaise a déjà eu lieu, mais il est atypique pour notre Université d’été : nous la considérons comme une occasion de transmettre, autant que faire se peut, nos cultures juridiques nationales par l’intermédiaire de nos langues nationales. Derrière cette conception, il y a l’idée d’une Europe dynamique qui, dans un monde toujours plus global, refuse toute évolution monoculturelle, et donc l’orientation uniforme calquée sur le ‘modèle’ anglo-américain, mais qui, au contraire, affirme sa diversité linguistique et culturelle.

5° Pour les étudiants, la validation des résultats des universités d’été est possible : les notes obtenues dans le cadre des ateliers peuvent être comptabilisées au titre du contrôle continu des matières correspondantes du cursus franco-allemand intégré. Pour certains étudiants, les travaux sont fondés sur des recherches préliminaires dans le domaine de leur futur sujet de thèse, recherches qui sont favorisées par une coopération étroite avec un collège doctoral franco-allemand. 

 

III.

Si Helmut Kohl, Tomas Davulis et moi-même, nous revendiquons la responsabilité de conduire cette Université d’été depuis ses débuts, nous souhaitons remercier toutes les personnes qui nous ont particulièrement soutenus dans cette entreprise :

-l’ancien Doyen de la Faculté de droit de Vilnius, le Professeur Vytautas Nekrosius, qui dès septembre 2003 – pendant sa campagne électorale –  avait accueilli avec enthousiasme le projet d’une Université d’été ;

-l’ancien Recteur de l’Université de Vilnius, le Professeur Benediktas Juodka, selon les souhaits duquel la première édition de notre Université d’été  en 2004 fut intégrée dans le cadre des cérémonies du 425ème anniversaire de l’Université de Vilnius ;

-l’ancien Vice-doyen, M. Gintautas Buzinskas, responsable des relations internationales de la Faculté de droit et futur Ministre de la Justice de la République lituanienne, mon partenaire principal à Vilnius au début de notre coopération bilatérale;

-l‘ancienne Doyenne de la Faculté de droit de Paris Ouest-Nanterre-La Défense,  Lucile Tallineau, et le Président de notre Université, André Legrand, qui en 2003 se sont rendus à Vilnius pour manifester leur intérêt à la coopération avec Vilnius et à la création de cette Université d’été; 

-Mme Annie Braud, ancienne responsable administrative du service des Relations internationales de notre université, dont le savoir-faire nous a été indispensable pour officialiser nos relations en signant en septembre 2003 une convention élargissant la coopération, au-delà des sciences juridiques à toutes les disciplines des sciences humaines et sociales enseignées à Nanterre ;

-ma collègue Annette  Sousa-Costa, qui a assuré pendant le semestre d’hiver 2003-2004 la préparation linguistique des étudiants inscrits aux cours de droit français – le programme de droit français proprement dit n’ayant été dispensé par les enseignants nanterrois qu’à partir de février 2004 ;

-les collègues lituaniens, allemands et français qui se sont dévoués pour venir enseigner à Vilnius afin de participer au dialogue sur l’avenir du droit en Europe ; parmi eux, nous devons souligner combien nous sommes redevables à nos collègues nanterrois Patrick Daillier et Soazick Kerneis, qui ont accepté de partager à plusieurs reprises la co-direction de l’Université d’été avec nous;  

 -deux doctoresses en droit lituaniennes, alors étudiantes : Deimile Prapiestyte,  qui  en 2003/2004 assura à Vilnius l’organisation de la première session de l’Ecole de droit français, et Giedre Urbaniviciute, qui s’est occupé pendant de longues années des échanges Erasmus-Socrates avec notre Université ;

-Gaspar Obregon, depuis plusieurs années interprète-coordonnateur de l’Université d’été.   

et, tout particulièrement,

l’Université Franco-Allemande et le Ministère de l’Enseignement supérieur et de la Recherche français pour leur soutien financier.

Bien évidemment, nos remerciements les plus vifs s’adressent aux étudiants et doctorants eux-mêmes : pour leur assiduité, leurs ambitions intellectuelles et leur capacité de proposition. Soulignons que la multiplication des  « ateliers » leur donne plus que jamais la possibilité de participer activement à notre Université d’été. 

Constatant, à l’occasion du 10ème anniversaire de notre Université d’été, que nous sommes pionniers en la matière en Europe,  je ne m’interdirai pas de formuler le voeu que cette belle aventure devienne une  source d’inspiration pour les discussions en cours dans nos pays sur la réforme universitaire et son orientation vers une plus forte interantionalisation des études et de la recherche. 

Vilnius, le 25 juin 2013

Otmar Seul, Professeur des universités émérite

(Prof. Dr. Dr. h. c.)

Paris Ouest-Nanterre-La Défense

***

Eröffnungsrede

em. Professor Dr. Dr. h. c. Otmar SEUL (Université Paris Ouest-Nanterre-La Défense), Kodirektor der 10. Deutsch-französisch-litauischen und europäischen Sommeruniversität,Vilnius

(…) 

I.

Wir feiern in diesen Tagen den 10. Jahrestag der Gründung unserer deutsch-französisch-litauischen und europäischen Sommeruniversität, ein Gemeinschaftswerk der Universität Paris Ouest-Nanterre-La Défense, der Johann Wolfgang Goethe-Universität Frankfurt am Main und der Universität Vilnius.

Diese Sommeruniversität, europaweit eine der ersten im Bereich der Rechtswissenschaften und sicherlich die erste in Zentral- und Osteuropa, fügt sich nahtlos ein in die Projekte zur Internationalisierung von Forschung und Studium, die seit den 1990er Jahren von den deutsch-französischen Studiengängen der Universität Paris Ouest-Nanterre-La Défense im Rahmen ihres europäischen Netzwerkes für universitäre Zusammenarbeit (Nanterre network) entwickelt wurden.

Die Zusammenarbeit zwischen Deutschland und Frankreich hat sich als hervorragender Wegweiser universitärer Austauschprogramme in Europa erwiesen, aber sie bezieht seit einigen Jahren auch Drittländer mit ein.  Hier, in der Hauptstadt Litauens, konnten sich unsere deutsch-französischen Studiengänge voll entfalten und sich einen Traum erfüllen: die Gründung einer deutsch-französischen Sommeruniversität in Partnerschaft mit einem Drittland. Unsere Wahl fiel auf Litauen. Wir hatten bereits im Jahr 2002 ein Erasmus/Sokrates-Abkommen mit der Universität Vilnius unterschrieben, nachdem im Jahr zuvor beim Jahrestreffen unseres europäischen Netzwerkes in Prag Kontakte für die universitäre Zusammenarbeit hergestellt worden waren. Diese Kontakte sind für uns von historischer Bedeutung, da es sich hierbei um den ersten Austausch mit einem Land Zentral- und Osteuropas handelte, das im Jahr 2004 der Europäischen Union beitreten sollte. Zudem erfolgte der Austausch mit einer der ältesten Universitäten Europas, die gerade in jenem Jahr den 425. Jahrestag ihrer Gründung feierte.

Dieser Austausch sollte sich rasch vertiefen: 2002 vereinbarten wir für den Beginn des akademischen Jahres 2003 die Gründung einer Schule für französisches Recht in Vilnius. Parallel zur (bereits bestehenden) Schule für deutsches Recht, deren Kurse von Lehrenden der Universität Frankfurt am Main durchgeführt werden, bot dieses neue Programm eine Einführung in die wichtigsten französischen Rechtsdisziplinen an. Die Lehrenden sind Dozenten der Universität Paris Ouest-Nanterre-La Défense.  Das Programm erstreckt sich über vier Semester und führt zu einem Studienabschluss. Dieser Abschluss ermöglicht es den Absolventen ihre Ausbildung an der Universität Paris Ouest-Nanterre-La Défense im Rahmen eines Bachelors in Rechtswissenschaften weiterzuführen.

Die innovativste Idee war sicherlich die Gründung der Sommeruniversität Vilnius. Das Projekt wurde von der Deutsch-Französischen Hochschule (DFH) unterstützt. Unter ihrer Präsidentin Helene Harth hatte sich die DFH 2002 für die Erweiterung ihrer Programme auf Drittländer ausgesprochen. Im Rahmen der Förderung der trilateralen Zusammenarbeit zwischen Deutschland, Frankreich und Polen (Weimarer Dreieck) wurde Polen besondere Aufmerksamkeit gewidmet. Bei einem Workshop im polnischen Slubice, am 7. Juli 2003, an dem auch Gesine Schwan, Präsidentin der Viadrina-Universität Frankfurt an der Oder und Schirmherrin der Hochschulkooperation mit Polen, teilnahm, wurde mir Gelegenheit geboten, den Entwurf eines integrierten deutsch-französisch-litauischen Studiengangs unter Einbeziehung der Universität Vilnius vorzustellen. Dieser Studiengang sollte am Ende jedes akademischen Jahres mit einer trinationalen Sommeruniversität feierlich abgeschlossen werden.

Die weitere Entwicklung ist bekannt. Die DFH hat das Projekt nicht in seiner Gesamtheit unterstützt, wohl aber sein innovativstes Element: die Gründung einer Sommeruniversität! Die Universitäten Frankfurt am Main und Vilnius unterstützten das Projekt. Mit der Leitung der Sommeruniversität und der Festlegung des Programms wurden beauftragt:

–     Professor Helmut Kohl von der Johann Wolfgang Goethe-Universität Frankfurt am Main, langjähriger Koordinator für den Austausch mit der Universität Vilnius,

–     Dr. Tomas Davulis, Vize-Dekan der Rechtsfakultät Vilnius und zuständig für Forschung und

–     ich selbst, als Kodirektor des integrierten deutsch-französischen Studiengangs der Universitäten Paris Ouest-Nanterre-La Défense / Potsdam.

Ein Triumvirat, das die Sommeruniversität seit ihren Anfängen bis zum heutigen Tag kollegial leiten sollte (mit einer kleinen Besonderheit mich betreffend: In diesen 10 Jahren habe ich immer wieder Kollegen aus Nanterre dazu eingeladen, die Leitungsfunktion mit mir zu teilen). 

Unsere Jubiläumsveranstaltung ist mir ein Anlass, den Kollegen Helmut Kohl und Tomas Davulis – seit letztem September  neuer Dekan der Rechtsfakultät Vilnius – für die langjährige und bereichernde Zusammenarbeit meinen herzlichsten Dank auszusprechen.

 

II.

Sowohl von Zielen und Programm als auch von ihrer Funktionsweise her hat sich die Sommeruniversität als außerordentlich innovativ erwiesen, sodass es sich lohnt, auf ihre Originalität einzugehen.

Lassen Sie mich fünf Vorzüge nennen: 

1.
Die Sommeruniversität bietet eine interessante Perspektive an, da sie sich auf die rechtlichen Herausforderungen der europäischen Integration konzentriert, dabei aber auch die gesamtgesellschaftliche Entwicklung reflektiert. Zu Recht unterstreicht Bernard Cazeneuve, der frühere französische Minister für Europa-Angelegenheiten: „Das Recht hat begleitenden und orientierenden Charakter und schafft einen Rahmen für die gesellschaftliche Entwicklung in unseren Ländern. Es trägt zu ihrer Annäherung bei, die seit 1963 eines der politischen Ziele der deutsch-französischen Beziehungen ist.“

Unsere seit 2004, also dem Jahr der EU-Erweiterung in Richtung Zentral- und Osteuropa stattfindende Sommeruniversität, verfolgt die Rechtsentwicklung in der Europäischen Union: sie analysiert Ansätze und Umsetzung des Rechtsangleichungsprozesses vor allem in unseren drei Ländern. Lassen wir ihre Hauptthemen noch einmal Revue passieren:  „Der europäische Rechtsraum“, „Europa, eine Wertegemeinschaft“, „Solidarität in Europa“, „Schutz der Privatsphäre und personenbezogener Daten“, „Partizipation“, oder, in diesem Jahr, „Europäische Angleichung und nationale Identität“.

2.

Vorwiegend im Bereich des vergleichenden europäischen Rechts verankert, trägt die Sommeruniversität nicht nur zum gegenseitigen rechtlichen Verständnis, sondern auch zur Erfassung der gesellschaftlichen Dimensionen des Rechts in unseren Ländern bei.

Nach der Ablehnung des Vertrags über eine Verfassung für Europa seitens der Niederlande und Frankreichs im Jahr 2005 durch Referendum wird besonderes Augenmerk auf die Zwänge und Hindernisse gelegt, die den europäischen Integrationsprozess bremsen. So meinen die Organisatoren der Sommeruniversität, dass die Fragen der europäischen Identität und des „Projekts Europa“ im Globalisierungskontext einer besseren Erklärung bedürfen.

Die wissenschaftliche Vielfalt der Teilnehmer – unter uns sind bekanntlich oft auch Historiker, Soziologen, Politologen oder Ökonomen – ermöglicht interdisziplinäre Herangehensweisen: bei der Untersuchung rechtlicher Fragen wird also der „Kontext“ nicht ausgeblendet. Diese transversale Vorgehensweise fördert das Interesse an Themen, die sonst nur vom juristischen Standpunkt aus untersucht werden würden.

3.

In einer weniger förmlichen, entspannteren Atmosphäre, als sie der Hochschulalltag bieten kann, kommen bei der Sommeruniversität Forscher, Lehrende, Rechtspraktiker, Doktoranden und Master-Studierende zusammen. Sie bietet somit auch Gelegenheit für innovative pädagogische Ansätze.

Da sie als eine Art Forum betrachtet wird, in dem der Dialog im Vordergrund steht, trägt sie nicht zuletzt zum besseren Rechtsverständnis und zur geistigen Bereicherung der Doktoranden und Studierenden bei:  Nach Vorträgen besteht hinreichend Gelegenheit für Fragen und Gedankenaustausch. Von besonderer Bedeutung für die Studierenden sind die Workshops (Gruppenarbeit), wo sie die Ergebnisse von schriftlichen Arbeiten, unter Anleitung von Lehrenden angefertigt, präsentieren können. Bei diesen handelt es sich mitunter bereits um Vorfeldarbeit für eine künftige Dissertation.

 4.

Die Sommeruniversität findet in einem Drittland statt. Sie hat es sich zum Ziel gesetzt, Interesse sowohl für die französische, als auch für die deutsche Rechtssprache und Rechtskultur zu wecken. Ihr vielleicht erstaunlichster Nebeneffekt ist die Tatsache, dass die Studierenden Berufe wie die des Dolmetschers und des Übersetzers entdecken. Deutsch und Französisch sind Arbeitssprachen und müssen konsekutiv gedolmetscht werden – durch die Studierenden selbst!

Der Rückgriff auf das Englische ist die Ausnahme, also untypisch für die Sommeruniversität. Es ist unser Anliegen, die nationale Rechtskultur unserer Länder zu vermitteln, und dies in der jeweiligen Landessprache. 

Die Sommeruniversität bietet selbstverständlich auch die Gelegenheit zur Entdeckung von Sprache und Kultur des Drittlandes.

Mit anderen Worten, unserem Konzept liegt die Vorstellung eines „dynamischen“ Europas zugrunde, das in einer immer stärker globalisierten Welt jedwede monokulturelle Entwicklung und die uniforme Ausrichtung am anglo-amerikanischen Modell verweigert, und sich stattdessen vielmehr zur sprachlichen und kulturellen Vielfalt Europas bekennt.

 5.

Für die Studierenden besteht die Möglichkeit, sich die Ergebnisse der Sommeruniversität attestieren und anrechnen zu lassen: Noten, die sie im Rahmen der Workshops erhalten, können, zum Beispiel, für die Fächer des integrierten deutsch-französischen Studiengangs geltend gemacht werden.

 

III.

Auch wenn Helmut Kohl, Tomas Davulis und ich selbst uns zu unserer Verantwortung für die Durchführung dieser Sommeruniversität bekennen – und dies seit ihren Anfängen – möchten wir dennoch all denjenigen danken, die uns bei dieser Unternehmung besonders unterstützt haben:

– dem ehemaligen Dekan der Rechtsfakultät Vilnius, Professor Vytautas Nekrosius, der seit 2003, dem Jahr seiner Wahlkampagne als Dekan, das Projekt Sommeruniversität mit großem Enthusiasmus begrüßt hatte;

– dem ehemaligen Rektor der Universität Vilnius, Professor Benediktas Juodka: auf seinen Wunsch hin wurde die erste Sommeruniversität (2004) in die Feierlichkeiten zum 425. Jahrestag der Universität Vilnius integriert;

– dem ehemaligen Vize-Dekan, Dr. Gintautas Buzinskas, verantwortlich für die internationalen Beziehungen der Rechtsfakultät und zukünftiger Justizminister der Republik Litauen: er war zu Beginn unserer bilateralen Zusammenarbeit mein wichtigster Partner;

– der ehemaligen Dekanin der Rechtsfakultät von Paris Ouest-Nanterre-La Défense, Lucile Tallineau, sowie dem Präsidenten unserer Universität, André Legrand, die 2003 eigens nach Vilnius reisten, um ihr Interesse an dieser Kooperation und an der Gründung einer Sommeruniversität zu bekunden;

– Frau Annie Braud, der ehemaligen Verwaltungschefin des Auslandsamts unserer Universität, deren Know-how unentbehrlich für uns war: dank ihres Engagements unterzeichneten wir im September 2003 eine über die Rechtswissenschaften herausgehende bilaterale kooperationsvereinbarung auf Universitätsebene;

– meiner Kollegin Annette Sousa-Costa, die während des Wintersemesters 2003-2004 die sprachliche Vorbereitung der Studierenden, die sich für den Studiengang in französischem Recht eingeschrieben hatten, sicherstellte, da das Programm im französischen Recht erst im Februar 2004 anlief;

– allen deutschen, französischen und litauischen Kollegen, die sich als Dozenten in die Sommeruniversität einbrachten und somit am Dialog über die Entwicklung des Rechts in Europa teilnahmen; zwei von ihnen schulden wir besonderen Dank : Patrick Daillier und Soazick Kerneis, die mehrmals mit uns die Kodirektion der Sommeruniversität teilten;

– zwei litauischen Doktorandinnen der Rechtswissenschaften, damals noch Studierende: Deimile Prapiestyte, die 2003/2004 das Programm der französischen Rechtsschule organisierte, und Giedre Urbaniviciute, die sich viele Jahre lang um den Erasmus/Sokrates-Austausch mit unserer Universität kümmerte;

sowie

– Gaspar Obregon, seit Jahren Dolmetscher und Koordinator der Übersetzungstätigkeiten während der Sommeruniversität. 

Ganz besonders danken wir auch der Deutsch-Französischen Hochschule und dem französischen Ministerium für Hochschulbildung und Forschung für ihre finanzielle Unterstützung sowie der deutschen und der französischen Botschaft in Vilnius für ihre stetige Anerkennung unserer Bemühungen auf dem Gebiet der Hochschulkooperation.

Unser herzlichster Dank aber gilt den Studierenden und Doktoranden selbst. Ohne ihren Enthusiasmus, ihre aktive Teilnahme und ihre konstruktive Kritik wären wir weder dynamisch noch innovativ.

Die abschließende Feststellung anlässlich des 10. Jahrestages unserer Sommeruniversität, dass wir hier wahrlich Pionierarbeit geleistet haben, geht einher mit dem Wunsch, dass unsere wertvollen gesammelten Erfahrungen zu einer Quelle der Inspiration für die anhaltende Diskussionen über die Hochschulreform in unseren Ländern sein mögen:  mit unserer Sommeruniversität leisten auch wir einen originären Beitrag zur Internationalisierung von Studium und Forschung.

In Zusammenarbeit mit dem Autor

aus dem Französischen ins Deutsche übersetzt von

Karolin Petersen
Staatlich anerkannte Gerichts- und Behördendolmetscherin für die deutsche, französische und englische Sprache (B.A.)

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