2ème Université d’été franco-germano-maghrébine en sciences juridiques

Droit et religion – Appréhension par le droit étatique et international des croyances et pratiques religieuses / Recht versus Religion– Schnittpunkte und Konflikte religiöser Normen mit staatlichem Recht und Völkerrecht

du 6 au 8 mai 2014

à l’Université Casablanca – Faculté Ain Sebaâ, Casablanca / Maroc

co-organisée par les Universités Potsdam – Paris Ouest Nanterre La Défense et Casablanca, sous la direction de Götz Schulze, Andreas Zimmermann (Potsdam), Otmar Seul, Camille Viennot (Paris Ouest Nanterre La Défense), Jamila Houfaidi Settar et Abdellah Labdaoui (Casablanca)

Coordonnateur : Manuel Goehrs (Ecole de Gouvernance et d’Economie de Rabat )

1. Occasion actuelle et sujet de la conférence /Aktueller Anlass und Hintergrund des Tagungsthemas

Le droit et la religion constituent deux systèmes normatifs, qui s’influencent mutuellement, non sans heurts et qui amènent, dans presque toutes les sociétés, à des tensions. En même temps, la religion influence l’identité culturelle des États et se reflète dans les normes juridiques étatiques, ainsi que dans le droit international. Dans les contentieux transfrontières, les dispositions juridiques qui s’opposent, liées à la culture des Etats et développées dans des espaces juridiques distincts, entrent parfois en concurrence. Mais, les sociétés étant de plus en plus connectées, à travers les médias notamment, on observe également que des conceptions à l’origine opposées interfèrent les unes avec les autres. Les articulations entre les croyances et pratiques religieuses d’une part, et le droit d’autre part, n’influencent pas seulement le droit national, qu’il soit public (le droit constitutionnel et administratif) ou privé (notamment en matière du droit de la famille, droit du travail ou droit des successions). La religion est aussi un défi pour le droit international qu’il s’agisse du droit international, et particulièrement la protection des droits de l’homme, ou du droit international privé.

Die Paarung Recht und Religion thematisiert das wechselseitig prägende, aber nicht immer konfliktfreie Verhältnis zweier normativer Systeme, die in nahezu allen Gesellschaften in der ein oder anderen Form zu Spannungen und politischen Instrumentalisierungen führen. Zugleich sind Recht und Religion aber auch prägend für die kulturelle Identität der Staaten und finden ihren Niederschlag in den jeweiligen staatlichen Rechtsordnungen, aber auch im Völkerrecht. Im grenzüberschreitenden Kontext zeigen sich kulturgebundene Rechtsüberzeugungen als Ausdruck individueller oder gruppenspezifischer Haltungen und Rechtsmeinungen, die sich zwar in getrennten Rechtsräumen entwickelt haben, in medial zunehmend miteinander verbundenen Gesellschaften aber zueinander auch in Konkurrenz treten. Orient und Okzident, Kapitalismus und Kommunismus, Christentum und Islam zeigen diese Unterschiede. Das beeinflusst sowohl das innerstaatliche öffentliche Recht (Verfassungs- und Verwaltungsrecht) als auch das jeweilige nationale Zivilrecht (namentlich im Bereich des Familien- und Erbrechts). Zudem stellen solche unterschiedlichen religiösen Vorprägungen besondere Herausforderungen für die genuin transnationalen Bereiche sowohl des Völkerrechts (und dabei besonders des Menschenrechtsschutzes) als auch des Internationalen Privatrechts dar.

2. Début de la recherche et mise au point de la conférence/Forschungsansatz und spezifische Ausrichtung der Tagung

Le point de départ thématique de la conférence est le constat selon lequel la relation entre le droit et la religion est influencée de manière déterminante par l’ordre juridique national, mais que les droits fondamentaux consacrant la protection de la liberté religieuse l’influence également. De plus, l’influence des religions sur les normes juridiques varie selon les Etats, même au sein de l’Europe. Par exemple, la conception française de la laïcité entre en concurrence avec le concept allemand du « Staatskirchenrecht » (droit de l’Église d’État). A ce constat s’ajoute la particularité de la situation des États du Maghreb qui sont en train de mesurer et de moduler l’influence de la dimension religieuse sur leurs droits, influencés à la fois par la tradition et leur situation politique actuelle. Ces différentes questions se décomposent en quatre séries de sujets.

Den thematischen Ausgangspunkt der geplanten Tagung, die sich den Fragestellungen in vier Themenblöcken widmen möchte, bildet zunächst der Befund, dass das jeweilige Verhältnis zwischen Recht und Religion maßgebend durch die jeweiligen nationalen Rechtsordnungen beeinflusst wird, dass aber die zugrundeliegenden Konzepte zum Schutz der Religionsfreiheit und der Einfluss der Religionen bereits innerhalb (West-)Europas stark divergieren. Hier tritt die französische Vorstellung der Laicité in Konkurrenz zum deutschen Konzept des Staatskirchenrechts. Hinzu tritt die Besonderheit, dass die Staaten des Maghreb vor dem Hintergrund ihrer Tradition und ihrer aktuellen politischen Situation die religiöse Dimension ihrer Rechte neu justieren. Bereits dies belegt die Sinnhaftigkeit der Auswahl der drei beteiligten Partnerinstitutionen.

2.1 Questions en droit public et droit constitutionnel/ Verfassungsrechtliche Fragen

2.1.1. Position des églises et des communautés religieuses dans les ordres constitutionnels nationaux/ Stellung von Kirchen und Religionsgemeinschaften in nationalen Verfassungsordnungen

La position des églises et des religions est réglée de manière complètement différente dans les différentes constitutions étatiques. Dans ce sens, une première série de sujets portera sur les régulations entre État et église/communautés religieuses observées historiquement et complètements différentes dans les trois pays participants : l’Allemagne, la France et le Maroc. C’est ici que seront abordés les développements actuels en droit constitutionnel dans les trois États. Pour l’Allemagne par exemple, on examinera le statut juridique d’associations islamiques et de l’Islam en général dans le droit allemand du « Staatskirchenrecht », incluant la question de la formation d’enseignants islamiques à des universités allemandes et la question de cours de religion islamique dans des écoles étatiques, ainsi que la possibilité d’un relevé des prestations étatiques aux églises selon l’article 140 de la Constitution allemande et l’article 138 alinéa 1 de la «Weimarer Reichsverfassung ».

Die Stellung von Kirchen und Religionen ist in staatlichen Verfassungen völlig unterschiedlich geregelt. Dementsprechend sollen Gegenstand des ersten Themenblocks die historisch gewachsenen, völlig unterschiedlichen Regelungstraditionen des Verhältnisses zwischen Staat und Kirchen/ Religionsgemeinschaften in den drei beteiligten Ländern, also in Deutschland, Frankreich und Marokko sein. Namentlich soll dabei auf aktuelle Entwicklungen in den drei Staaten eingegangen werden, also etwa, was Deutschland anbelangt, die Rechtsstellung islamischer Verbände und des Islam allgemein im deutschen Staatskirchenrecht einschließlich von Fragen der Ausbildung islamischer Lehrer an staatlichen deutschen Universitäten und der Frage islamischen Religionsunterrichts an staatlichen Schulen, sowie der möglichen Ablösung der staatlichen Leistungen an die Kirchen gemäß Art. 140 GG in Verbindung mit Art. 138 Abs. 1 der Weimarer Reichsverfassung.

2.1.2. La religion comme droit fondamental en droit interne/ Religion als Grundrecht –Religion versus Grundrechte?

Dans les sociétés occidentales, mais aussi dans les sociétés du Maghreb saisies par des bouleversements profonds, de plus en plus de tensions résultent de l’articulation entre l’exercice du culte religieux d’un côté et les réglementations étatiques d’un autre côté. Il suffit de penser aux questions des symboles religieux dans des établissements scolaires, ou à l’interdiction générale de porter le voile intégral en France, pour prendre la mesure des conflits que la pratique de la religion peut susciter. Par ailleurs, certains États du Maghreb, en ces temps de changements politiques, posent la question de la place de la charia comme source de la législation. Il s’y pose également la question de la protection de minorités religieuses et de la pratique libre, même publique, de religions non-islamiques. Dans cette série de sujets la liberté de religion comme droit fondamental ainsi que l’articulation de ce droit avec d’autres droits fondamentaux seront analysées de manière comparative.

Sowohl in westlichen, weitgehend säkulären Gesellschaften als auch in den im Umbruch befindlichen Gesellschaften des Maghreb ergeben sich aus dem Verhältnis zwischen religiösen Bekenntnissen einerseits und staatlichen Regelungen andererseits zunehmend Spannungen. Man muss nur etwa an die Fragen religiöser Symbole in staatlichen Einrichtungen, die religiös motivierte Weigerung einzelner Schüler am koedukativem Sportunterricht oder an Klassenfahrten teilzunehmen, oder das generelle Burkaverbot in Frankreich denken um zu erkennen welche gesellschaftliche Konflikte sich hieraus, zumal in einer Einwanderungsgesellschaft, ergeben.

Umgekehrt stellt sich in den Gesellschaften vieler Staaten des Maghreb gerade in Zeiten des Verfassungsumbruchs sowohl die (fundamentale) Frage nach der verfassungs-rechtlichen Verankerung der Sharia als mögliche, ja gar maßgebliche Quelle der Gesetzgebung als auch Fragen des Schutzes religiöser Minderheiten und der freien, auch öffentlichen, Ausübung nicht-islamischer Religionen.

Vor diesem Hintergrund soll in diesem Themenblock vergleichend das Spannungsverhältnis zwischen der Religionsfreiheit als Grundrecht oder aber möglicherweise gar als Legitimation von Grundrechtseingriffen thematisiert werden.

2.2. Questions en droit international public / Völkerrechtliche Fragen

2.2.1. L’étendue de la liberté de religion garantie par le droit international public / Umfang der völkerrechtlich garantierten Religionsfreiheit

Dans le droit international public aussi, de multiples questions se posent en rapport avec la religion. On peut poser la question à savoir, dans quelle mesure des convictions ou pratiques minoritaires sont protégées par la liberté de conscience et le libre exercice du culte, garantis par le droit international public. On peut aussi demander comment résoudre le conflit entre liberté d’expression d’un côté et l’expression des convictions religieuses de l’autre côté. À cepoint et au regard de l’actualité (par exemple, l’affaire des caricatures de Mohammed) il y aura des discussions approfondies, qui amèneront aussi à des questions générales sur l’universalité des droits de l’homme.

Auch völkerrechtlich ergeben sich im Zusammenhang mit Religion vielfältige Fragen und Probleme. So ist bereits fraglich in welchem Umfang etwa nicht-traditonelle Überzeugungen als von der völkerrechtlich geschützten Religionsfreiheit geschützt sind und ob auch missionierende Tätigkeiten erfasst werden. Weiter ist es fraglich wie gegebenenfalls das Spannungsverhältnis zwischen der Meinungs- und Kunstfreiheit einerseits und religiösen Überzeugungen andererseits aufzulösen ist. Hier dürften sich gerade im Lichte aktueller Ereignisse (Stichwort: Mohammed-Karikaturen) besonders weiterführende Diskussionen ergeben, die auch und gerade den Bogen zu der allgemeinen Fragen eines einheitlichen Verständnisses und der einheitlichen Geltung völkerrechtlich garantierter Menschenrechte schlagen.

2.2.2. La religion et la protection de réfugiés / Religiös motivierte Verfolgung und völkerrechtlicher Flüchtlingsschutz

Inversement, on peut s’interroger sur le fait de savoir à partir de quand l’interdiction de l’exercice de certaines pratiques religieuses subie dans un Etat peut constituer une persécution et engendrer une protection au sens de la Convention de Genève relative au statut des réfugiés. Si l’interdiction totale d’une pratique religieuse, même dans le milieu domestique, bénéficie d’une protection, la question se pose de savoir si la protection doit être déclenchée lors la restriction ou l’interdiction ne vise que la pratique de la religion dans le domaine public. C’est ainsi que se pose la question du comportement d’évitement, consistant à demander aux croyants de ne pas exercer leur religion à l’extérieur.

Als Kehrseite erweist es sich als problematisch ab wann das Verbot der Vornahme bestimmter religiös motivierter Handlungen in eine Verfolgung im Sinne der Genfer Flüchtlingskonvention umschlägt und damit einen völkerrechtlichen Schutz vor Refoulement verlangt: greift dieser Schutz bereits dann, wenn lediglich in das sogenannte forum externum eingegriffen wird oder aber erst dann wenn auch die Religionsausübung im häuslichen Bereich, also das forum internum eingeschränkt beziehungsweise untersagt wird. Zudem stellt sich hier, wie auch in anderen Bereichen, das Problem des sogenannten Vermeidungsverhaltens, ob also Gläubigen abverlangt werden kann jedenfalls ihre Religion nicht nach außen zu tragen.

2.2.3. Réserves aux traités en matière de protection des droits de l’homme fondées sur la religion / Religiös motivierte Vorbehalte zu Menschenrechtsschutzverträgen und aktuelle Entwicklungen des Völkervertragsrechts

Enfin se pose la question générale à savoir si des réserves justifiées par la religion à des traités de protection des droits de l’homme, particulièrement des réserves dite « charia » d’États islamiques, notamment à la Convention des droits de la femme, sont conciliables avec l’idée et le but de ces traités de protection de droits de l’homme. Ces réserves sont-elles licites ou illicites, et quelles sont leurs conséquences juridiques ?

Schließlich stellt sich allgemein die Frage, ob religiös bedingte Vorbehalte zu Menschen-rechtsschutzverträgen, insbesondere also die sogenannten Sharia-Vorbehalte islamischer Staaten namentlich zur Frauenrechtskonvention, mit Sinn und Zweck von solcher Menschen-rechtsschutzverträgen (un)vereinbar und damit (un)zulässig sind und welche Rechtsfolgen sich gegebenenfalls aus solchen unzulässigen Vorbehalten ergeben.

2.3. Question de privé interne (droit civil, droit du travail et droit commercial) / Zivilrechtliche Fragen

En Allemagne, la prise en compte des convictions religieuses et idéologiques est réglée expressément depuis l’introduction du « Allgemeines Gleichbehandlungsgesetz» (Loi générale de l’égalité du traitement) en 2006 qui interdit tout traitement défavorable, harcèlement et insultes en raison de la religion. Mais avant cette loi déjà, la discrimination en raison de la religion avait été prise en compte lors de la concrétisation de « clauses générales » (§§ 138, 242, 826 du Code civil allemand). C’est ainsi que la reconnaissance d’un héritier à la condition de changer de religion a été considéré illicite. De même, le refus de l’accès à une institution publique a été considéré comme nul. Le droit de travail montre aussi des tensions en raison de convictions religieuses, par exemple lorsqu’un salarié souhaite porter la burqa ou le voile sur son lieu de travail, ou si les horaires de travail doivent être adaptés à ses pratiques religieuses. En droit bancaire, les principes du « sharia banking » sont devenus importants. On crée des produits financiers sur la base de principes imposés par la religion (p. ex. l’interdiction de prendre des intérêts). De la même manière, certains contrats avec des caractéristiques fortement culturelles, comme le contrat dite « Mudabara » du droit islamique, peuvent être intégrés dans le droit des contrats national.

Die Berücksichtigung religiöser und weltanschaulicher Überzeugung ist seit Einführung des Allgemeinen Gleichbehandlungsgesetzes (AGG) im Jahr 2006 ausdrücklich geregelt und verbietet unmittelbare und mittelbare Benachteiligungen, Belästigungen und Beleidigungen aus religiösen Motiven. Bereits davor wurde bei der Konkretisierung von Generalklauseln (§§ 138, 242, 826 BGB) eine Diskriminierung aufgrund religiöser Motive berücksichtigt. So erschien etwa die Erbeinsetzung unter der Auflage des Religionswechsels als unzulässig und auch die Verweigerung des Zutritts zu einer öffentlichen Einrichtung („Türken raus“) wurde als unwirksam angesehen. Das Arbeitsrecht zeigt Spannungen aufgrund religiöser Überzeugungen wenn es etwa um das Tragen von Burka oder Kopftuch am Arbeitsplatz geht oder wenn Arbeitszeiten auf die religiösen Bedürfnisse zugeschnitten werden sollen. Bedeutung erlangt haben im Bereich des Bankrechts die Grundsätze des „sharia banking“. Dabei werden Finanzprodukte auf der Grundlage von religiös vorgegebenen Wertungen (bspw: Zinsverbot) in die hiesigen Verträge integriert. Ebenso lassen sich kulturell geprägte Vertragstypen, wie etwa der Mudarabavertrag des islamischen Rechts, in das inländische Vertragsrecht integrieren, obgleich dieser dort keine Entsprechung findet. Durch solche Integrationsleistungen entstehen transnationale Rechtskulturen ohne deshalb ihre je eigene Identität aufzugeben.

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